Les grandes fêtes

La Nativité de la Mère de Dieu

En bref : Le 8 septembre, l'Église célèbre la naissance de la Mère de Dieu chez Joachim et Anne, après toute une vie de prière sans enfant. C'est la première grande fête de l'année liturgique, qui commence le 1ᵉʳ septembre : l'histoire du salut s'ouvre humblement, avec la naissance d'une petite fille dans une famille que personne ne connaissait.

Ce que nous célébrons

Les parents de la Mère de Dieu, Joachim et Anne, ont vécu de longues années sans enfant. Dans l'Israël de l'époque, ne pas avoir d'enfant se portait comme une honte, et beaucoup y voyaient le signe que Dieu vous avait oublié. Eux n'ont pourtant cessé ni de prier ni d'espérer. Dans leur vieillesse, leur prière a été entendue : une fille leur est née, Marie, celle qui allait devenir la Mère de Dieu.

C'est pourquoi cette fête est celle de la longue espérance. Dieu ne travaille pas dans la hâte et le bruit : Il prépare de loin, dans le silence d'une famille inconnue, ce qu'Il veut donner au monde entier. En Roumanie, la fête porte le nom populaire de « Sfânta Maria Mică » (la petite Sainte-Marie), par contraste avec la Dormition de la Mère de Dieu, le 15 août.

D'où le savons-nous, si les Évangiles ne racontent pas la naissance de Marie ?

C'est une question honnête, qui mérite une réponse honnête. Les Évangiles ne disent rien de la naissance et de l'enfance de la Mère de Dieu. Le récit de Joachim et Anne vient d'un écrit chrétien ancien, du IIᵉ siècle, appelé le Protévangile de Jacques. L'Église n'a pas reçu ce texte dans le canon des Écritures, on ne le lit pas comme un Évangile, mais elle en a gardé ce qui correspond à sa foi : le nom des parents, la longue attente, la naissance reçue comme un don. Au plus tard au VIᵉ siècle, la fête était déjà célébrée en Orient.

Autrement dit, le fondement de la fête n'est pas un document, mais la piété vivante de l'Église, qui a entouré dès le commencement la personne de la Mère de Dieu. Et le poids de son commencement lui vient de Celui qui est né d'elle : le Christ.

Le sens de la fête

L'année liturgique commence le 1ᵉʳ septembre, et sa première grande fête est la naissance de la Mère de Dieu ; vers la fin de l'année, en août, se tient sa Dormition. Entre ces deux repères, l'année de l'Église porte toute l'histoire du salut, et cette histoire s'ouvre humblement, avec une enfant.

L'office de la fête chante la naissance de Marie comme une annonce de joie pour le monde entier : d'elle se lèvera le Christ, le « Soleil de justice » (cf. Malachie 3, 20), Celui qui dissipe les ténèbres. D'un sein que l'on croyait stérile, Dieu fait venir la vie — signe qu'aucune situation humaine n'est fermée pour Lui. Ce qui semblait une fin se révèle un commencement.

La fête dit encore une chose, simple et profonde : Dieu est patient. Joachim et Anne ont attendu toute une vie. Celui qui prie depuis longtemps pour quelque chose sans voir encore de réponse peut se reconnaître en eux.

Comment vivre la fête, concrètement ?
  • Repérez le 8 septembre dans le calendrier orthodoxe et regardez ce qui suit.
  • Le jour de la fête, lisez l'Évangile de la fête dans les lectures du jour.
  • Le mieux reste d'aller à la Divine Liturgie : la fête se vit à l'église, pas seulement dans le calendrier.

Sources

  • Le Protévangile de Jacques (IIᵉ siècle) — la source ancienne du récit de Joachim et Anne
  • Les Ménées de septembre, le 8 du mois — l'office de la fête
  • Malachie 3, 20 — le « Soleil de justice »
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