À quoi servent les reliques des saints ? N'est-ce pas morbide ?
En bref : Ça paraît étrange au premier abord, des os vénérés, oui. Mais pour les chrétiens le corps n'est pas un déchet à jeter, c'est le temple du Saint-Esprit, et il ressuscitera. Les reliques sont les restes de personnes en qui Dieu a habité, et par qui il a accompli et accomplit des miracles. Nous ne vénérons pas la mort, nous vénérons la vie qui a sanctifié jusqu'au corps.
La nuance orthodoxe
L'objection que ce serait morbide part d'une idée, peut-être sans qu'on s'en rende compte, que le corps serait une chose honteuse, une prison pour l'âme. Le christianisme dit exactement le contraire. Le corps est bon, il est fait par Dieu, Christ lui-même a pris chair, et saint Paul dit que notre corps est le temple du Saint-Esprit (1 Corinthiens 6, 19). Ce qui a été la demeure de Dieu reste digne de respect, même après la mort.
Et ce n'est pas une invention tardive. Dans l'Écriture même nous voyons la puissance qui traverse les corps saints. Un mort jeté sur les ossements du prophète Élisée ressuscite sur-le-champ (2 Rois 13, 21). Par saint Paul, même les linges qui l'avaient touché guérissaient les malades (Actes des Apôtres 19, 12). Dieu se sert de la matière, du corps, du toucher, parce que nous sommes des êtres de chair, pas des anges.
Attention cependant à la mesure. Nous n'adorons pas des os comme un dieu, et le pouvoir n'est pas dans l'os, il est en Dieu qui agit par le saint. Les reliques ne sont pas une amulette porte-bonheur. Elles nous rappellent que la sainteté est possible, qu'un homme de chair comme nous est arrivé si près de Dieu que même sa poussière s'est remplie de grâce. Et elles nous donnent l'espérance de la résurrection, car ce corps n'est pas une fin, c'est une semence.
Sources
- 2 Rois 13, 21 (le mort ressuscité au contact des os d'Élisée)
- Actes des Apôtres 19, 11-12 (guérisons par les objets touchés par Paul)
- 1 Corinthiens 6, 19 (le corps, temple du Saint-Esprit)