Les grandes questions

Pourquoi Dieu ordonne-t-il parfois la destruction de peuples entiers dans l'Ancien Testament ?

En bref : Ces textes sont parmi les plus difficiles. L'Orthodoxie les lit comme des jugements historiques dans une étape pédagogique de la révélation, non comme un modèle chrétien à imiter. La plénitude de la volonté de Dieu se voit dans le Christ, qui arrête la violence vengeresse et commande l'amour des ennemis.

La nuance orthodoxe

Il faut d'abord le dire honnêtement : ces passages ne doivent pas être adoucis artificiellement. Ils scandalisent, et il est normal qu'ils nous troublent. Mais ils ne doivent pas non plus être arrachés à leur contexte : le monde ancien était marqué par la violence, l'idolâtrie, les sacrifices humains et la guerre tribale. Israël n'est pas présenté comme moralement supérieur par lui-même ; le Deutéronome dit explicitement qu'il ne reçoit pas la terre à cause de sa propre justice.

Dans la lecture de l'Église, ces textes ont aussi un sens spirituel : les peuples ennemis deviennent l'image des passions qui doivent être détruites sans compromis dans le cœur. Cela n'efface pas la question historique, mais montre comment l'Église les a reçus sans en faire un appel à la haine ethnique.

Le chrétien n'a pas le droit de prendre ces textes comme justification d'une violence religieuse. Le Christ est le critère. Quand les disciples veulent faire descendre le feu sur un village, Il les reprend. Quand Pierre tire l'épée, Il l'arrête. En Christ, le vrai combat se déplace contre le péché, la mort et les démons, non contre des peuples.

Sources

  • Deutéronome 9, 4-6
  • Genèse 15, 16
  • Luc 9, 54-56
  • Matthieu 5, 44
  • Éphésiens 6, 12
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