Pourquoi Dieu a-t-il arrêté Abraham mais pas Jephté lorsqu'il a sacrifié sa fille ?
En bref : Parce que les deux textes ne disent pas la même chose. Chez Abraham, Dieu arrête le sacrifice et montre qu'Il ne veut pas de sacrifice d'enfant. Chez Jephté, l'Écriture raconte une tragédie produite par un vœu insensé ; elle ne dit pas que Dieu l'a ordonnée ni approuvée.
La nuance orthodoxe
Le sacrifice d'Isaac est un texte limite, mais la fin en donne la clé : Dieu arrête la main d'Abraham. Dans un monde où le sacrifice d'enfants existait chez les peuples voisins, l'Écriture pose un signe puissant : le Dieu d'Abraham ne Se nourrit pas de la mort de l'enfant.
Jephté, c'est autre chose. Il fait un vœu imprudent, presque païen dans sa logique : si je gagne, j'offrirai ce qui sortira à ma rencontre. Le texte ne dit pas que Dieu lui a demandé cela. Le silence de Dieu dans le récit n'est pas une approbation morale. La Bible raconte parfois des actes terribles pour nous montrer jusqu'où peut tomber l'homme religieux sans discernement.
Du point de vue orthodoxe, un vœu ne sanctifie pas le mal. Obéir à Dieu ne signifie pas mener jusqu'au bout une promesse folle qui tue un innocent. La vraie foi a aussi du discernement, pas seulement du zèle.
Sources
- Genèse 22, 1-14
- Juges 11, 29-40
- Jérémie 7, 31
- Matthieu 9, 13