Les grandes questions

Qu'est-ce que le péché ? Et qu'est-ce que le « péché ancestral » ?

En bref : Le péché n'est pas d'abord une liste de règles enfreintes, c'est rater sa cible, une rupture avec Dieu, qui est la source de la vie. Quant au « péché ancestral », attention, les orthodoxes ne croient pas comme en Occident que nous naissons coupables du péché d'Adam. Nous héritons de ses conséquences, la mort, la faiblesse, l'inclination vers le mal, mais pas de sa culpabilité personnelle.

La nuance orthodoxe

D'abord, qu'est-ce que le péché. Le mot en grec ancien signifie précisément « rater la cible », comme une flèche qui manque le but. Le péché ce n'est pas seulement « j'ai enfreint un commandement », c'est que je me suis détourné de Celui pour qui je suis fait. Et puisqu'il est la vie, la rupture d'avec lui amène, lentement, la mort. C'est pourquoi le péché n'est pas tant un crime à punir, qu'une blessure qui s'infecte.

Maintenant, la partie délicate, et ici les orthodoxes parlent autrement que beaucoup en Occident. En Occident, après le Bienheureux Augustin, s'est affirmée l'idée que nous héritons tous de la culpabilité d'Adam, que nous naissons déjà coupables. L'Orthodoxie ne dit pas cela. Nous disons que nous héritons des conséquences de la chute, une nature affaiblie, soumise à la mort et facilement encline au mal, mais pas la culpabilité personnelle d'Adam. Un nouveau-né n'est coupable de rien.

Pourquoi est-ce que ça compte ? Parce que cela change tout dans la façon de voir le baptême, l'homme, Dieu. Nous ne baptisons pas parce que le bébé serait un petit coupable qui mérite la condamnation, mais parce que nous voulons le greffer très tôt sur le Christ, le guérir dès le début de la maladie de la mort et en faire un membre de l'Église. Dieu ne part pas de « tu es coupable », mais de « tu es malade et je veux te guérir ».

Sources

  • Romains 5, 12 (par un seul homme le péché est entré, et par le péché la mort)
  • Ézéchiel 18, 20 (le fils ne portera pas l'iniquité de son père)
  • Psaume 50 (lu à travers le prisme de la nature déchue, non de la culpabilité héritée)
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