Les grandes questions

Mon corps ressuscitera-t-il vraiment ? Comment comprendre la résurrection générale ?

⚠️ Cette fiche de théologie mystique n'a pas encore été relue par un prêtre — à lire avec prudence.

En bref : Oui, ce corps même, pas seulement l'âme, ressuscitera à la fin des temps, changé et glorifié, tel qu'était le corps du Christ après la Résurrection, reconnaissable, mais plus soumis à la corruption ni à la mort. Le christianisme ne croit pas seulement en l'immortalité de l'âme, comme certains philosophes anciens, il croit en la résurrection du corps, exactement comme nous le confessons dans le Credo, « j'attends la résurrection des morts ».

La nuance orthodoxe

Il est facile de glisser vers une image plus vague, l'âme s'envolerait quelque part au loin, et le corps ne serait plus qu'une enveloppe jetée. Ce n'est pas ce qu'enseigne l'Église. Cette espérance charnelle vient déjà de l'Ancien Testament, « je sais que mon Rédempteur est vivant... et dans ma chair je verrai Dieu » (Job 19, 25-27), et le prophète Daniel écrit clairement que « plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront » (Daniel 12, 2). Le Christ Lui-même dit que vient l'heure « où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront Sa voix et en sortiront » (Jean 5, 28-29).

Saint Paul donne l'enseignement le plus large à ce sujet, au chapitre quinze de la Première Épître aux Corinthiens. Il utilise l'image de la semence, qui doit mourir en terre pour que l'épi en sorte, « on sème un corps corruptible, il ressuscite incorruptible ». Le corps ressuscité n'est pas un autre, il est continu avec celui-ci, mais entièrement transformé, « corps spirituel », dit Paul, non au sens où il ne serait plus corps, mais au sens où il est pleinement soumis à l'Esprit, sans aucune trace de maladie, de vieillesse ou de mort.

Le modèle concret est le corps même du Christ après la Résurrection. Les disciples Le reconnaissent, bien que parfois pas immédiatement, Il mange du poisson devant eux, Il invite Thomas à toucher Ses plaies, ce n'est donc pas un fantôme. Et pourtant Il traverse des portes fermées, apparaît et disparaît, Il est tout autre qu'avant. « Nous Lui serons semblables », écrit saint Jean (1 Jean 3, 2), voilà le modèle promis à tous, un vrai corps, le mien, mais transfiguré.

Le lien avec la vénération des reliques, déjà touché ailleurs, se voit maintenant clairement : si le corps est semence pour une telle gloire, il n'est jamais seulement un déchet à jeter une fois l'âme partie. De là vient aussi la préférence traditionnelle orthodoxe pour l'inhumation, non la crémation, comme signe d'honneur pour le corps qui attend la résurrection, bien qu'il faille le dire honnêtement, cela relève davantage de la piété et de la coutume pastorale que d'un dogme intangible, et dans des situations particulières un prêtre peut donner une orientation adaptée. Il est bon aussi de distinguer, pour ne pas mélanger les choses, le jugement particulier, l'état de l'âme aussitôt après la mort, du jugement général, à la fin des temps, quand le corps et l'âme s'uniront de nouveau pour l'état plein et éternel, soit dans la lumière de Dieu, soit dans son refus.

Sources

  • Job 19, 25-27
  • Daniel 12, 2
  • Jean 5, 28-29
  • 1 Corinthiens 15, surtout les versets 35-44 (semé corruptible, ressuscité incorruptible)
  • 1 Jean 3, 2 (nous Lui serons semblables)
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