À quoi bon prier, si Dieu sait déjà tout ?
En bref : La prière n'est pas là pour informer Dieu, qui sait effectivement déjà tout. Elle est là pour que tu changes, pour que tu entres en relation avec lui. Tu ne pries pas pour faire changer sa volonté, mais pour ouvrir la tienne. Quelqu'un disait joliment que la prière ne change pas Dieu, elle te change toi, et l'homme changé voit tout différemment.
La nuance orthodoxe
Pense à une relation d'amour. Ta mère sait que tu l'aimes, et pourtant tu as besoin de le lui dire, et la relation s'en nourrit. De même, Dieu n'a pas besoin de tes mots, mais tu as besoin de les prononcer, car par eux tu restes lié à lui. La prière ne comble pas un vide en Dieu, elle comble ton vide.
Et non, la prière n'est pas un distributeur automatique où tu insères des demandes et où sort exactement ce que tu as demandé. Christ lui-même, à Gethsémani, a prié pour que la coupe s'éloigne, mais il a conclu par non pas ma volonté, mais la tienne (Luc 22, 42). C'est le cœur de la prière chrétienne, non pas « fais comme je veux », mais « aide-moi à vouloir ce qui est bon ». Parfois la plus grande réponse à une prière, c'est que tu t'es apaisé et que tu as commencé à voir clair.
Dans l'Orthodoxie il y a aussi une prière courte, répétée, que connaissent aussi bien les enfants que les grands saints, « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur ». Les Pères de la Philocalie disent que, dite souvent, du fond du cœur, elle fait descendre l'intelligence dans le cœur et allume une chaleur paisible. Ce n'est pas de la magie, c'est une façon d'être toujours avec lui, même dans le métro, même dans une file d'attente.
Sources
- Luc 22, 42 (non pas ma volonté, mais la tienne)
- 1 Thessaloniciens 5, 17 (priez sans cesse)
- La prière de Jésus, dans la tradition de la Philocalie