Les grandes fêtes

L'Entrée de la Mère de Dieu au Temple

En bref : Le 21 novembre, l'Église célèbre la conduite de la Mère de Dieu au Temple de Jérusalem par ses parents, Joachim et Anne. La fête montre une vie offerte à Dieu dès le commencement et nous demande doucement quelle place nous Lui faisons dans notre maison et dans notre coeur.

Ce que nous célébrons

La Tradition de l'Église raconte que Joachim et Anne, après avoir reçu Marie comme don de la prière, l'ont conduite au Temple de Jérusalem. Ce n'est pas une scène de séparation froide, mais de confiance : l'enfant reçue de Dieu est confiée à Dieu.

Dans l'icône de la fête, la Mère de Dieu est petite, mais elle marche vers le Temple avec une dignité mystérieuse. Ses parents l'amènent, des jeunes filles l'accompagnent avec des lumières, et le prêtre la reçoit. L'Église voit en elle non seulement une enfant pure, mais celle qui deviendra elle-même le « temple » de Dieu, puisque le Christ naîtra d'elle.

D'où le savons-nous

Les Évangiles ne racontent pas l'enfance de la Mère de Dieu. Le récit de son entrée au Temple vient de la même tradition chrétienne ancienne qui garde la mémoire de sa naissance de Joachim et Anne, surtout du Protévangile de Jacques, un texte du IIᵉ siècle. L'Église ne le lit pas comme l'Écriture, mais elle a conservé de lui une mémoire entrée dans sa prière et ses offices.

Le poids de la fête ne tient pas à une curiosité sur l'enfance de Marie, mais à la manière dont l'Église comprend sa vocation : toute sa vie est orientée vers Dieu. Elle ne reçoit pas le Christ par hasard, mais dans un coeur préparé par l'obéissance, la prière et la pureté.

Le sens de la fête

Le Temple était le lieu de la présence de Dieu au milieu du peuple. Quand la Mère de Dieu y entre, la fête annonce en secret quelque chose de plus grand : Dieu n'habitera pas seulement dans un bâtiment, Il demeurera dans une chair humaine. Celle qui entre au Temple deviendra, par son humilité, le lieu de la venue du Christ dans le monde.

C'est pourquoi la fête ne parle pas seulement du passé. Elle nous rappelle que notre vie aussi a besoin d'un centre. Si Dieu reste toujours à la marge, tout se disperse. Si nous Lui faisons place, même les petites choses — le repas, le travail, le soin des enfants, la fatigue, le silence — peuvent devenir un chemin vers Lui.

La fête tombe pendant le jeûne de la Nativité, et la règle permet le poisson. C'est une joie lumineuse au milieu de la préparation de Noël : avant que le Christ naisse à Bethléem, l'Église regarde celle qui Le recevra.

Comment vivre la fête, concrètement ?
  • Repérez le 21 novembre dans le calendrier orthodoxe et regardez la règle de jeûne.
  • Si vous le pouvez, allez à la Divine Liturgie : la fête se comprend le mieux dans l'office.
  • Allumez une veilleuse ou une bougie à la maison et priez brièvement la Mère de Dieu pour votre famille.
  • Choisissez un petit moment de la journée à offrir à Dieu : quelques minutes de prière, un psaume, un pardon demandé.

Sources

  • Les Ménées de novembre, le 21 du mois — l'office de la fête
  • Le Protévangile de Jacques (IIᵉ siècle) — témoin ancien de la tradition sur l'enfance de la Mère de Dieu
  • Le Synaxaire du 21 novembre — l'entrée de la Mère de Dieu au Temple
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