Avons-nous vraiment le libre arbitre, si Dieu sait déjà tout ?
En bref : Oui, tu es vraiment libre. Le fait que Dieu sache ce que tu vas choisir ne signifie pas qu'il choisit à ta place. Savoir n'est pas la même chose que contraindre. L'Orthodoxie tient fermement à la liberté de l'homme, sans elle il n'y aurait plus ni amour, ni péché, ni récompense, mais seulement des marionnettes.
La nuance orthodoxe
La confusion vient de la façon dont nous comprenons le temps. Nous vivons dans le temps, l'un après l'autre, hier, aujourd'hui, demain. Dieu n'est pas enfermé dans le temps, il voit tout d'un coup, comme quelqu'un sur une montagne qui voit tout le fleuve à la fois, de la source à l'embouchure. Le fait qu'il voie d'avance ce que tu vas faire ne te pousse pas, tout comme, si tu regardes d'en haut quelqu'un marcher sur la route, ton regard ne le force pas à marcher.
C'est ici que l'Orthodoxie se sépare clairement d'une idée qui a circulé en Occident, surtout chez certains protestants, la prédestination, l'idée que Dieu aurait décidé d'avance qui est sauvé et qui est perdu, sans lien avec nous. Pour les orthodoxes, c'est inacceptable, car cela ferait de Dieu un être injuste et de l'homme une poupée. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, écrit saint Paul (1 Timothée 2, 4). Il veut le salut de tous, mais il ne l'impose à personne.
Donc tout repose sur la coopération. Dieu te donne la grâce, toujours, le premier. Mais il te laisse libre de la recevoir ou de la refuser. L'enfer, si tu veux, ce n'est pas Dieu qui te rejette, c'est l'homme qui jusqu'au bout dit non. Le véritable amour ne peut être forcé, c'est pourquoi Dieu, qui est amour, a pris le risque de nous créer libres.
Sources
- 1 Timothée 2, 4 (Dieu veut que tous soient sauvés)
- Deutéronome 30, 19 (j'ai mis devant toi la vie et la mort, choisis la vie)
- Apocalypse 3, 20 (je me tiens à la porte et je frappe)